Cathédrale d'Amiens

La cathédrale Notre-Dame d’Amiens est la plus vaste cathédrale gothique de France et l’une des plus grandes au monde du XIIIe siècle, elle pourrait contenir deux fois la cathédrale Notre-Dame de Paris. D'une envergure exceptionnelle : 145 m de long, 70 m de large, 112 m jusqu’au sommet de la flèche et la voûte de la nef culmine à 42 m. Ce chef-d'œuvre de l'architecture gothique classique représente un témoignage inestimable du génie créateur humain, édifié en seulement 60 ans au cours du XIIIe siècle. L’état exceptionnel de conservation de sa statuaire, la richesse du mobilier, la cohérence des plans dessinés par  l’architecte Robert de Luzarches, l’élégance de son élévation sur trois niveaux, la richesse et la beauté des représentations iconographiques nous offre un témoignage exceptionnel dont la valeur universelle est reconnue par l'Unesco.

Présentation

Cathédrale Notre-Dame d’Amiens
30 place Notre-Dame, 80000 Amiens
Site internet - Tél : 03 22 80 03 41.
Ouverte tous les jours : Octobre à mars : 8h30-17h15. Avril à septembre : 8h30-18h15.


Les visites

Les visites guidées (1h30)
Avril, mai, juin, septembre : le vendredi à 16h, samedi à 11h et dimanche à 15h.
En juillet et août : tous les jours à 16h, sauf le samedi à 11h.
Octobre à mars : uniquement le weekend.
Tarif plein/ réduit : 6 €/ 4 €/ 6 - 12 ans : 3 €. Gratuit - 6 ans. Tarif famille : 15 €.

Visites audio-guidées (1h).
Location des audioguides en 6 langues : 4 €. Une version spécifique pour les enfants est prévue (à partir de 6 ans et en 6 langues) : 2,50 €.

Extérieur

La façade occidentale

La façade principale de la cathédrale est composée de trois portails décorés de plus de 3000 sculptures retraçant divers épisodes de la Bible. Ils sont surmontés par deux galeries dont l'inférieure abrite dans ses niches 22 statues des rois de Judée et de deux tours encadrées par une rosace de style gothique flamboyant. Quelques gargouilles et Chimères complètent la décoration de l'ensemble. On remarque l'importance donnée par les bâtisseurs au relief dans la scénographie pour donner plus de profondeur et de volume à l'ensemble.

Les portails
Les trois portails de la façade sont richement ornés et racontent des scènes de la Bible. Au centre trône le spectaculaire portail du Jugement Dernier entouré à droite du portail appelé Mère-Dieu et à gauche du portail de Saint Firmin.

Le portail du Jugement Dernier ou du Beau Dieu
Le tympan retrace la résurrection des morts qui viennent d’être jugé par le Christ. Au bas du tympan, on les voit sortir de leur tombeau, l'archange Saint Michel tient sa balance pour peser leurs âmes. On remarque également en bas un démon essayant d'influer sur le poids. Au niveau central de la fresque, les damnés, nus, sont poussés vers la gueule du Léviathan. Enfin au niveau supérieur le Christ est assis sur son trône et entouré de la Vierge et de Saint Jean. Dans les voussures encadrant le tympan, on voit anges, archanges, vierges et rois assister au jugement dernier.
Au centre du portail, au trumeau, la sculpture représentant le Christ est de très grande qualité artistique, elle est l'un des nombreux chefs-d'œuvre de la statuaire de la cathédrale, cette sculpture est aussi appelée le Beau Dieu. A ses pieds sont représentés un lion et un dragon. Vous remarquerez également sur les côtés les 12 apôtres entourés de quatre prophètes. À leurs pieds les médaillons représentent le vice et la vertu.

Le portail Saint Firmin
Saint Firmin, évangélisateur de la ville au IVe siècle, est représenté sur le trumeau. Au-dessus, le tympan illustre la découverte du corps du saint. Les statues situées de part et d'autre du portail représentent d'autres saints. Les soubassements sont ornés de médaillons représentant le calendrier Picard également appelé le zodiaque d'Amiens. Les personnages illustrant les signes du zodiaque travaillent aux champs et sont vêtus en fonction de la saison.

Le portail de la Mère Dieu est dédié à la Vierge Marie. Au-dessus des portes, sur le premier bandeau, on distingue six personnages de l'Ancien Testament assis. Il s’agit des aïeux de Marie. Au niveau intermédiaire les scènes de la mort et de l'Assomption de la Vierge sont illustrées. Enfin, sur la planche supérieure la Vierge est couronnée au paradis. La Vierge à l'Enfant représentée au trumeau marche sur le mal représenté par un animal fantastique. En dessous, on trouve des scènes sculptées du péché originel. De part et d’autre du portail, la statuaire est de grande qualité. Sur la gauche sont illustrés les épisodes les plus importants de la vie de Marie : l'Annonciation, la Visitation et la présentation de Jésus au Temple. Sur la droite, prennent place Salomon, la reine de Saba, le roi Hérode et les rois mages. Enfin, les médaillons au niveau des soubassements représentent des épisodes de la vie du Christ et des rois.

Au-dessus des portails, on remarquera la galerie des Rois de Judée au nombre de 22, elle-même surmontée de gargouilles qui rejettent l'eau des galeries supérieures. La belle rosace de style flamboyant qui les surplombe, de 13 m de diamètre, aussi appelée « Rose de la Mer » fut ajoutée au XVIe siècle.
La polychromie du portail occidental est aujourd'hui restituée telle qu’elle devait être à l'époque de la construction. Le spectacle "la cathédrale en couleurs" permet de se rendre compte de la majestueuse beauté de ces décorations. Voir « Agenda ».


Les tours de la cathédrale
– Tél : 03 22 80 03 41.
Tarif plein/ réduit : 6 €/ 5 €. Gratuit pour les – 26 ans ressortissants de l’UE ou – 18 ans hors UE.
Ouvertes tous les jours sauf le mardi.
Avril, mai, juin, septembre : visite organisée du lundi au vendredi à 15h et 16h30. Visite libre le samedi et dimanche de 14h30 à 17h15.
Juillet et août : visite organisée tous les jours à 11h. Visites libres de 14h30 à 17h15.
D'octobre à mars : visite organisée à 15h45.
Visites à partir de 5 ans.

Terminées au début du XVe siècle, les tours parachèvent la cathédrale. On peut remarquer quelques différences architecturales entre les deux tours : la tour côté sud, achevée en 1366 est de style gothique rayonnant tandis que la seconde, achevée en 1402 est de style flamboyant. Un cadran solaire orne la tour côté sud. Les toits des deux tours sont également richement ornés de sculptures réparties en trois groupes : en bas, la vierge Marie, saint Jean-Baptiste et Saint Firmin. Au-dessus le roi Charles V et ses fils. Au-dessus encore on identifie le Cardinal Jean de La Grange. Du haut des 302 marches, beau panorama sur la ville d'Amiens.


Toits et parties hautes

On notera les innombrables gargouilles de grande dimension permettant d'évacuer l'eau de pluie des toitures. Les chimères, avec leurs apparences plus qu’inquiétantes, ornent les hauteurs de la cathédrale. Sur la toiture, au-dessus des gargouilles, remarquez les Rois Musiciens.


La flèche

La première flèche datait de 1288 mais un incendie la détruisit trois siècles plus tard. La nouvelle flèche, construite en bois de chêne et recouverte de plomb, fut érigée en 1533. De forme octogonale, elle pèse 500 tonnes. Richement décorée de statues et de fleurs de lys de très grande qualité, elle représente un chef-d'œuvre technique et artistique majeur. Les statues en plomb, creuses, représentent le Christ, Saint Paul, Saint Firmin, Saint Jean l'évangéliste, une Vierge à l'Enfant, Saint Jean-Baptiste, Saint Jacques le majeur et Saint-Pierre. Enfin la décoration est complétée de gargouilles et de chimères en plomb.


La façade sud et le portail Saint Honoré

Le superbe portail Saint Honoré ou portail de la Vierge Dorée prend place côté sud. Les sculptures du tympan illustrent la vie du saint, ancien évêque de la ville d'Amiens, qui vécut au VIe siècle. Ce portail porte aussi le nom de Vierge Dorée en raison de la statue qui orne son trumeau. Cette Vierge à l'Enfant est un chef-d'œuvre, elle est couronnée, souriante, attentionnée avec l'enfant Jésus. Elle est beaucoup moins rigide que les représentations de la Vierge à cette époque. Cette statue doit également son originalité à la posture de la Vierge, légèrement déhanchée, supportant son poids et celui de Jésus sur une seule jambe. Ce style sera plus tard fréquemment reproduit dans d’autres édifices religieux.

Intérieur

La nef

Ce qui frappe le visiteur en pénétrant dans la cathédrale, c’est la hauteur de sa nef, la plus haute de France, la lumière qui l’éclaire, l'harmonie des proportions et la légèreté aérienne du grand vaisseau intérieur. Élevée sur trois niveaux, sa hauteur sous voûte atteint 42 m tandis que les bas-côtés culminent à une vingtaine de mètres, ce qui est déjà exceptionnellement haut. Le poids de la structure repose sur des piliers. Il s'agit ici de la principale différence entre l'architecture gothique et romane, cette dernière faisait reposer le poids de la structure sur les murs. Cette technique permet d'ajourer l'édifice par de grands vitraux, des baies et des rosaces rendant ainsi l’intérieur exceptionnellement lumineux pour un édifice religieux.


Le dallage et le labyrinthe

Le dallage de la cathédrale est lui encore singulier, il dessine un ensemble géométrique assez élaboré. Il a été restauré au XIXe siècle à l'identique. Le labyrinthe octogonal situé au centre de la cathédrale est long de 234 m. Les pèlerins qui venaient vénérer les reliques de saint Jean-Baptiste le parcouraient à genoux en suivant la ligne noire, à la manière d'un chemin de Croix. Vous remarquerez au centre du labyrinthe une croix orientée vers les points cardinaux et entourée des trois architectes de la cathédrale et de l'évêque Evrard de Fouilloy qui était à l'origine du projet. A cette époque, il est très rare de rendre hommage aux bâtisseurs des cathédrales.


Les gisants de bronze

Deux tombeaux surmontés des gisants des évêques Evrard de Fouilloy à droite et de son successeur, Geoffroy d'Eu sur la gauche sont exposés de part et d’autre de la nef centrale. Ces magnifiques œuvres d'art en bronze réalisées d'une seule pièce sont uniques, elles datent du XIIIe siècle. Vous remarquerez la précision des détails, notamment le visage de Evrard de Fouilloy et les proportions harmonieuses. Les deux évêques sont  en tenue épiscopale, soutenus par six lions et écrasant les créatures maléfiques sous leurs pieds. Ces réalisations démontrent le savoir-faire et la maîtrise technique des fondeurs de l’époque.


La Chaire de la Vérité

La chaire de la vérité, situé sur la gauche, date de 1773. Elle est soutenue par trois statues de très belle facture représentant la Foi, l’Espérance et la Charité. Elle est surmontée d'un ange. Son style baroque surprend quelque peu.


Le Choeur
Le chœur de Notre-Dame D’Amiens est clôturé d'une grille en fer forgé. Il est composé d’une partie baroque et de stalles sculptées d’une exceptionnelle beauté.

Le Chœur Baroque

Au XVIIIe siècle fut ajouté un chœur de style baroque. Le maître-autel date de 1751. Les sculptures qui l'encadrent sont de très grande qualité et décorées d'or. Cet ensemble baroque est unique en France… et dénote un peu avec le reste des ornementations de la cathédrale.

Les stalles

Visite guidée possible devant les grilles du chœur tous les jours entre 15h30 et 16h30.
Les 110 stalles de la cathédrale, de style gothique flamboyant, réalisées en chêne représentent un chef-d'œuvre d'ébénisterie unique au monde par ses dimensions et par la beauté des représentations. Elles furent réalisées de 1508 à 1522. Le déroulé de la scène est composé de plus de 400 personnages, il retrace les événements de l'Ancien Testament et des scènes de la vie de Marie. Sur les accoudoirs vous remarquerez les personnages illustrant la vie à Amiens à cette époque, parfois amusants, ils sont toujours parfaitement exécutés. Enfin sur les dossiers plus de 2200 fleurs de lys, symbolisant la dévotion à Marie, les décorent. La stalle réservée aux rois de France  est particulièrement extraordinaire, notamment par la dentelle de bois qui la surplombe.
La construction de l’ensemble fut si parfaite qu'on ne décèle aucune trace d'assemblage, comme si cet ensemble exceptionnel provenait d'un seul et même arbre. Lors de votre visite prenez le temps d'admirer les détails de chaque scène.


La clôture du chœur
La clôture du chœur en pierre date de 1530. Les sculptures côté sud, les plus remarquables, détaillent l'histoire de Saint Firmin, premier évêque de la ville. Les deux mausolées situés au-dessous sont dédiés à Ferry de Beauvoir  et Adrien de Hénencourt. Côté nord de nombreuses niches relatent les épisodes de la vie de Saint Jean-Baptiste. La lecture se fait de droite à gauche. La clôture du chœur en fer forgé du XVIIIe siècle est une véritable œuvre d'art.


L'ange pleureur (1637)
Situé derrière le maître-autel, il surplombe le tombeau de Guilain Lucas. Réalisé par Nicolas Blasset en 1628, il fut mondialement connu lors de la première Guerre Mondiale, en effet les soldats alliés (Britanniques et Américains) envoyaient son image sur les cartes postales à leurs familles restées au pays.


Les chapelles autour du choeur
Les chapelles absidiales qui entourent le chœur sont composées d'une statuaire de très grande qualité réalisée au fil des siècles. Les chapelles du transept sont dédiées à Saint-Sébastien, à Notre-Dame du puy et à Saint Pierre et Saint Paul.


La Salle du Trésor
Tarif plein/ réduit : 3,50 €/ 3,30 €. Gratuit pour les – 26 ans ressortissants de l’UE ou – 18 ans hors UE.
Dans la salle du Trésor, un morceau de l'os crânien appartenant à Saint Jean-Baptiste est présenté dans un écrin d’orfèvrerie du XIXe siècle. C'est Saint Jean-Baptiste qui a baptisé le Christ dans le Jourdain, sa tête fut présentée au roi Hérode. Le crâne du Saint fut ramené de la quatrième Croisade, en 1206 après le pillage de Constantinople. C'est pour accueillir cette précieuse relique que Evrard de Fouilloy décide la construction de la cathédrale. Le Trésor comprend également la couronne votive du Paraclet et la châsse de Saint-Firmin (reliquaire dans lequel est conservé le corps du saint) en argent du XIIIe siècle. La croix reliquaire émaillée et le vase reliquaire sont également deux éléments admirables du trésor. Ils ont été réalisés respectivement au XIIIème et XIVème siècles.


Le grand orgue date pour l'essentiel du XXe siècle même si certaines parties de son buffet remontent au XVe siècle.

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