Cathédrale Notre-Dame

La cathédrale Notre-Dame de Reims est l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture gothique en Europe. Construite à partir du début du XIIIe siècle elle représente l'apogée de l’art gothique. Sa grande cohérence stylistique, sa luminosité exceptionnelle, et surtout ses sculptures d'une extrême qualité (plus de 2300 statues) la rendent unique. Elle fut source d'inspiration pour de nombreuses autres réalisations, notamment en Allemagne. La cathédrale fut également le berceau du sacre des rois de France.

Histoire

Cathédrale Notre-Dame
Place du Cardinal Luçon, 51100 Reims
Site internet - Tél : 03 26 47 55 34.
Entrée libre et gratuite.
Ouverte tous les jours : 7h30-19h30.

Sur l'emplacement  de la cathédrale actuelle furent d'abord érigées d'autres cathédrales. La première, la cathédrale de Saint Nicaise, date du début du Ve siècle sur d'anciens thermes gallo-romains. C'est dans ce modeste édifice mesurant alors 55 m de long que se déroule le baptême de Clovis le 25 décembre aux environs de l'an 498 par l'évêque de la ville : Rémi. Trois siècles plus tard, à l'époque carolingienne, Louis le Pieux fut le premier monarque à y être couronné. Au cours du IXe siècle la cathédrale est reconstruite et porte le nom de Cathédrale d'Ebbon et Hincmar et en 862 elle est consacrée par Charles le chauve. Elle s'agrandit et devient longue de 86 m. Au siècle suivant elle est encore agrandie pour atteindre 110 m de long. La première pierre de la cathédrale actuelle fut posée par l'archevêque Albéric de Humbert le 6 mai 1211 suite à la destruction de l'édifice précédent dans un incendie. La majeure partie de l’édifice est déjà construite à la fin de ce siècle.

Les tours seront quant à elles dressées au XVe siècle. La cathédrale mesure alors près de 150 m de long, la nef s'élève à 38 m et les deux tours de la façade principale, bien que dépourvues de flèches, culminent à 82 m de hauteur. Les dimensions de la cathédrale Notre-Dame de Reims sont moins impressionnantes que celles des autres cathédrales gothiques du nord de la France de la même époque, mais la sensation de verticalité, son style élancé vers le ciel et représentant la Jérusalem Céleste, reste très marqué. La relative étroitesse de la nef centrale accentue aussi cette impression. Les verrières et les rosaces qui sont omniprésentes, laissent pénétrer la lumière de façon abondante, donnant une sensation de légèreté à l'édifice qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.

Bien que symbole de la royauté et du pouvoir royal, la cathédrale fut relativement épargnée lors de la Révolution française de 1789. Au XVIIIe siècle les premières grandes interventions sont menées et à partir du siècle suivant et jusqu’à nos jours les campagnes de restauration furent ininterrompues. Au XIXe siècle d'importants travaux de rénovation furent entrepris notamment par Viollet-le-Duc (à partir de 1860). Puis le 19 septembre 1914 commence le martyre de la cathédrale (voir par ailleurs). En1996, le Pape Jean-Paul II se rend à la cathédrale à l'occasion du 1500e anniversaire du baptême de Clovis par Saint Remi. En mai 2011, est fêté les 800 ans de la pose de la première pierre de la cathédrale actuelle.



"La cathédrale martyre"
La cathédrale fut touchée par les premiers obus allemands en septembre 1914 mettant le feu à l'édifice. La charpente est totalement détruite, les 400 tonnes de plomb de la toiture fondent et se déversent par les gargouilles détruisant par la même la résidence des archevêques : le palais de Tau. La pierre éclate sous l'effet de la chaleur, de nombreuses statues sont détruites, certaines s'effondrent. Et pendant encore trois ans le martyr de la cathédrale dura, frappée au total par près de 300 obus. Les rosaces, les verrières explosent sous les ondes de choc. Dès la fin de la guerre, le chantier de reconstruction démarre. À leur tête l'architecte Henri Deneux dirige les travaux financés grâce à l'aide précieuse de généreux donateurs et notamment de fondations américaines (Rockfeller, Ford, etc.). La charpente est remplacée par une structure en béton armé afin d'éviter un nouvel incendie destructeur. Les travaux de reconstruction et de restauration sont toujours en cours.



Architecture

La cathédrale est quasiment exclusivement réalisée en pierre calcaire dont les carrières étaient situées dans l'environnement proche de Reims. On sait aujourd'hui que la statuaire était peinte de couleurs vives. L'architecture de la cathédrale est un chef-d'œuvre de l'art gothique. Influencé par les premières réalisations de l'art gothique classique de la seconde moitié du XIIe siècle, elle représente l'aboutissement de l'art gothique du XIIIe siècle. Sa façade, aux dimensions exceptionnelles, son élancement intérieur, l'étroitesse des volumes et la richesse de sa statuaire en font l'un des témoignages majeurs de l'art gothique. La combinaison de ces différentes époques, conclue par le gothique rayonnant de ses tours, laisse une impression d'unité stylistique unique en Europe. L'architecture de la cathédrale bénéficie des progrès techniques du XIIIe siècle mais bien au-delà c'est la combinaison entre l'architecture et la sculpture qui rend cette harmonie si exceptionnelle. En effet, les sculptures font partie intégrante de la construction architecturale de l'édifice. En cela elle est un témoignage unique de la capacité technique des bâtisseurs et de leur volonté permanente de la sublimer.

Le joyau de la cathédrale de Reims est sans doute son ensemble sculpté. Aucune autre cathédrale d'Europe ne peut rivaliser avec la richesse et la qualité des 2300 statues de Reims. Les influences techniques et artistiques auxquelles ont eu recours les bâtisseurs s'inspirent des ateliers existants à l'époque : l'atelier antiquisant, influencé par les modèles romains, l'atelier amiénois, héritier de la construction de la cathédrale d'Amiens et l'atelier rémois caractérisé par la grande finesse, l’expression saisissante et l'élégance de ses sculptures. Les corps en mouvement et l'expression des visages en font de véritables joyaux d'orfèvrerie. L’exemple le plus saisissant étant "l'Ange au sourire" devenue emblème de la ville.

Le message iconographique est d'abord destiné aux croyants ou non ne sachant pas lire. Il glorifie l'Eglise. Le baptême de Clovis, et de façon plus générale la dimension divine de la monarchie, sont des thèmes souvent abordés, justifiant ainsi de l'universalité du message de l'Eglise.

Visite - Extérieur

La façade

La façade de la cathédrale représente un chef-d'œuvre de l'art gothique rayonnant, unique au monde dans de telles proportions. Le mieux est de la contempler en fin de journée, lorsque le soleil couchant exalte son relief et ses sculptures. La façade est mise en lumière à la tombée de la nuit et le spectacle "Rêve de couleurs" en nocturne (d’avril à septembre), restituent les vives couleurs d’origine.

Portails de la façade
Le portail central est dédié à Marie, on la retrouve d'ailleurs sur le trumeau, au centre, tenant l'enfant Jésus. Sur la droite est représentée la scène de l'Annonciation et la Visitation et à gauche  la "Présentation de Jésus". Au-dessus du portail central figure le "couronnement de la vierge par le Christ". Six anges sont à leurs pieds. Il s'agit d'une copie dont l'original se trouve au palais de Tau. En levant encore les yeux vous apercevez la "galerie des rois", composée de 56 statues de grande dimension. Au centre, Clovis est baptisé, à ses côtés sa femme Clotilde et Rémi.

Les grandes statues du portail central représentent, à droite : l'Ange de l'Annonciation et la Vierge, la Vierge de la Visitation et sa cousine Elisabeth, puis le Roi David et le Roi Salomon.
 A gauche, une servante (ou la Vierge de la Purification), Siméon le grand Prêtre, Marie tendant l'Enfant à Siméon et Joseph. A ses côtés : Joseph, Isaïe et la Reine de Saba.
 Au trumeau, la Vierge tenant l'enfant Jésus.
 Les voussures ont subies de nombreux remaniements au cours des siècles. On peut y distinguer les ancêtres de la Vierge représentés en rois musiciens, des scènes de la vie terrestre de la Vierge, dont la crèche de Bethléem, des prophètes, des saints, des anges ainsi que Dieu et le Christ.


Le portail de droite est surmonté du "Jugement Dernier". Le Christ, assis sur son trône, est accompagné d'anges portant les instruments de la passion. Dans les voussures des scènes de l'apocalypse sont représentées.
 Au linteau, sous la petite verrière, est représentée la conversion de Saint Paul.

Le portail de gauche et ses voussures, sont consacrés à la "Passion du Christ". 
Au sommet du portail on peut voir le Christ crucifié.
 Aux ébrasements, côté gauche, vous remarquerez le magnifique "Ange au sourire" (le 1er à gauche de la porte).


Les portails côté nord du Transept

Le portail central, appelé portail des Saints (1220-1230) : le tympan est magnifiquement sculpté. Sur la gauche : Saint Nicaise, décapité par les Vandales en 407, apporte sa tête sur l’autel, comme une offrande à Dieu. Sur la droite on voit Clovis baptisé par Saint Remi. Le tympan est surmonté du Christ entre deux anges.


Le portail de gauche relate des scènes du Jugement Dernier (1225 - 1230). La grande qualité des sculptures révèle la perception du nu et du mouvement des artistes du XIIIe siècle. Le Christ, au sommet, est représenté en Beau Dieu. Il est entouré de la Vierge, de Saint Jean-Baptiste et de deux anges portant les instruments de la Passion. Les scènes du Jugement Dernier se reconnaissent grâce aux morts qui sortent de leurs tombeaux pour être jugés, aux vertus et aux vices exprimés en bas et aux vierges folles ou sages dans les voussures.


Le portail de droite, de style roman (1160 - 1170). Le portail roman était intégré dans la galerie du cloître des chanoines jusqu'au XVIIIe siècle.


Visite des tours de la cathédrale de Reims

Cathdrale de Reims, 2 Place du Cardinal Luçon, 51100 Reims
Site internet - Tél : 03 26 47 81 79.
Tarif plein/ réduit : 7,50 €/ 6 €. Gratuit – 26 ans pour les ressortissants de l'UE ou - 18 ans pour les ressortissants hors UE.
Billet jumelé tours de la cathédrale de Reims + palais du Tau : 
Tarif plein/ réduit : 11 €/ 8 €. Gratuit – 26 ans pour les ressortissants de l'UE ou - 18 ans pour les ressortissants hors UE.
Visites : Mi-mars, avril, septembre et octobre, le samedi et dimanche. De mai à août, tous les jours excepté le lundi. Fermées de novembre à mi-mars. Les tours sont labélisées Monument National.

Visite - Intérieur

Architecture intérieure

Lorsqu'on pénètre dans la cathédrale on est de suite saisis par la clarté et l'élancement de la voûte accentuée par sa longueur et l'étroitesse des volumes. La nef présente une élévation à trois niveaux, classique du gothique français du XIIIe siècle, dans un style déjà utilisé à Chartres. Les chapelles rayonnantes sont ornées d'une multitude d'anges d'une élégance et d’une expression novatrice pour l'époque.


L’intérieur de la façade occidentale


Le revers de la façade présente une décoration qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. La qualité artistique des sculptures des niches est exceptionnelle. Orné de 52 personnages et entrecoupées de végétaux, ce mur sculpté, composé d’épisodes de la vie de Marie et de Jean-Baptiste était destiné à être vu par le roi sortant de la cathédrale à l'issue de la cérémonie de son sacre.


Les vitraux

Les vitraux gothiques de la cathédrale ont beaucoup souffert au cours des siècles mais il reste encore quelques beaux exemples de ces pièces d'orfèvrerie originales du XIIIe siècle essentiellement regroupés dans les parties hautes. Pour les autres, certains furent restaurés par les ateliers champenois, d'autres remplacés par du verre blanc. Suite à la première guerre mondiale et aux dégâts causés sur ces œuvres d'art, de nouveaux vitraux contemporains prirent place dans la cathédrale. On remarquera en particulier les trois fenêtres de la chapelle axiale imaginées par Marc Chagall en 1974. Plus récemment ceux conçus par l'artiste allemand Imi Knoeble et réalisés par l'atelier Simon-Marq ont été inaugurés en 2012.


Les vitraux médiévaux

Grande rose de la façade occidentale (XIIIe siècle). Cette rosace gothique de grande qualité technique et artistique dessine une fleur à douze pétales dédoublées représentant l’Assomption. On trouve en son centre la Dormition de la Vierge entourée des 12 apôtres, eux-mêmes auréolés d’anges musiciens.
Fenêtres hautes du chœur (XIIe siècle). Elles expriment la puissance de l’Eglise de Reims. On peut y voir deux cortèges, l’un accompagne l'archevêque de Reims, l’autre composé des apôtres accompagne la Vierge et le Christ.
Grande rose de la façade Nord, "la Création" (XIIIe siècle). Au cœur de la rose, Dieu Créateur entouré du soleil et de la lune. Vous remarquerez dans les compartiments, des scènes de la vie d'Adam et Eve au Paradis et de Caïn et Abel après le péché originel.

Vitraux des fenêtres hautes de la nef (XIVe siècle). Initialement composés des 36 Rois et archevêques, seize ont survécus aux aléas de l’histoire.



Les vitraux contemporains

Petite rose de la façade occidentale. Œuvre du maître verrier Jacques Simon - 1937 - "Litanies de la Vierge".
Grande rose du bras sud du transept. Les vitraux actuels, créés par Jacques Simon en 1937, respectent très largement l'iconographie établie au XIIIe siècle. On y retrouve le Christ couronnant la Vierge, les douze apôtres et les instruments de la Passion présentés par un ange. Au centre, le Christ ressuscité montre ses plaies. Autour de lui on reconnaît les symboles des quatre évangélistes (bœuf, lion, aigle et homme avec ailes et livre à demi ouvert).

"Vitraux du Champagne" ou des vignerons, lancette du bras sud du transept en dessous de la grande rosace. Ils ont été commandés en 1954 par "la Corporation des vins de Champagne" à Jacques Simon. Les différents corps de métier sont représentés autour de Saint Vincent (saint patron des vignerons), de Dom Pérignon (le père du champagne) et de Saint Jean-Baptiste.

Les vitraux de Marc Chagall
En 1974, Marc Chagall (1887-1985) exécute, avec la collaboration de l'Atelier Jacques Simon et Charles Marq, trois verrières destinées à la chapelle axiale de la cathédrale.
Le programme iconographique de Marc Chagall : dans la première fenêtre est traité le thème de l'arbre de Jessé, dans la fenêtre centrale sont évoqués les deux testaments (Sacrifice d’Abraham et Sacrifice de la Croix) et la fenêtre de droite raconte l’histoire de Reims ( baptême de Clovis et sacre de Louis IX). L’artiste a su combiner modernité et respect des tonalités des verrières médiévales, dont il emprunte les anciens bleus pour conserver l'harmonie des couleurs.
Grisailles du bras sud du transept (1961). Dans le bras sud du transept, Brigitte Simon-Marq (fille de Jacques Simon) réalise une verrière abstraite intitulée "Eau vive".


La petite histoire de... la Sainte Ampoule
On aurait retrouvé dans la tombe de Saint Rémi une ampoule remplie d'aromates servant à embaumer le corps du défunt. La légende de la Sainte Ampoule raconte qu'une colombe envoyée par Dieu transportait cette petite fiole miraculeuse pour oindre Clovis. Elle fut authentifiée par le pape innocent II en 1131. Dès lors la Sainte Ampoule consacre définitivement le privilège de l'église de Reims de sacrer les rois de France.


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