Croix Rousse

Les Lyonnais ont l'habitude de dire que si Fourvière est la colline où l'on prie, la Croix-Rousse est la colline où l’on travaille. Le quartier de la Croix-Rousse prolonge la presqu'île vers le nord, entre Saône et Rhône, des pentes de la Croix-Rousse au plateau du même nom qui délimite le périmètre classé au patrimoine mondial au nord. Le nom du quartier proviendrait d'une croix érigée en 1560 dans les tons jaune violacé ou rousse.


Histoire

Ce quartier n'intègre la ville qu'à partir du XIXe siècle. Auparavant le plateau était situé à l'extérieur des fortifications de la ville. C'était une zone rurale et viticole. C'est dans ce quartier que s'installent les ouvriers de la soierie, les canuts. L'architecture industrielle de l'habitat est typique de cette activité : immeubles hauts percés de nombreuses fenêtres, sans fioritures. Le terrain escarpé favorise la réalisation de rues qui serpentent à flanc de colline, elles sont reliées entre elles par les fameuses traboules pour faciliter la circulation des piétons.


Les Subsistances
8 bis Quai Saint-Vincent, 69001 Lyon
Site internet - Tél : 04 78 39 10 02

Avant de devenir un lieu d'expression artistique, le site est occupé dès le XVIIe siècle par le couvent Sainte-Marie des Chaînes. Au cours du XIXe siècle et jusqu'en 1995 il est transformé en boulangerie industrielle. Les subsistances accueillent l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Lyon depuis 2007. C'est aussi un lieu culturel de diffusion et de production artistique dans les domaines de la danse, du théâtre et du cirque.


Eglise Saint Bruno des Chartreux
7 Impasse des Chartreux 69001 Lyon
Site internet - Tél : 04 78 28 41 68.
Ouverte du lundi au samedi : 15h-17h.
Visite guidée possible. Accessible en fauteuil roulant.

À partir du XVIe siècle de nombreuses communautés religieuses s'installent sur les pentes de la Croix-Rousse. Parmi elles, les moines Chartreux de Grenoble. Leur propriété va rapidement s'étendre pour atteindre 24 hectares. En 1590 débute alors la première vague de construction de l'église. Pendant un siècle ils vont construire le chœur, le petit cloître et la sacristie. Au XVIIIe siècle une deuxième campagne de travaux verra l'achèvement de la nef, du transept et des chapelles latérales. L'église devient un véritable joyau de l'art baroque.
Au cours du XIXe siècle les rénovations et les ajouts se concentreront essentiellement sur les chapelles et la façade.

Extérieur
A l'origine la façade était sobre mais les restaurations entreprises à partir de 1871 vont en modifier l'apparence. Le portail d'entrée de l'église est encadré par des colonnes ioniques et des pilastres doriques. Au-dessus du portail d’entrée, on trouve une citation en latin signifiant : « Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau, je vous donnerais le repos ». Cette citation fait référence à la souscription demandée auprès des canuts pour financer les travaux de la façade. Le deuxième étage présente quelques éléments de la façade initiale, il est surmonté d'un fronton triangulaire depuis lequel trône le symbole du Saint Esprit. Enfin, au niveau supérieur prend place la statue de Saint-Bruno ainsi que ses initiales.

Intérieur
Dans le chœur, les stalles et boiseries sont sculptées dans un style rocaille, très en vogue à l'époque.
La magnifique croisée du transept (XVIIIe siècle) accueille les statues de Saint Bruno et Saint Jean-Baptiste (1628), elles sont un magnifique exemple des sculptures baroques de cette époque, leur expression et leur regard sont d'une grande intensité. L'autel présente la particularité d'être à double face, ainsi l'office peut être célébré du côté des moines ou du côté des fidèles.
Le dôme (1742) mesure 10 m de haut pour 39 m de diamètre. Il est percé de huit fenêtres, les décorations reprennent la thématique des Évangiles. Du côté de la nef on reconnaît ainsi Saint Luc et « son » taureau et Saint-Jean et « son » aigle. Du côté du chœur Saint Matthieu et « son » ange sont représentés à côté de Saint-Marc et « son » lion.
L'orgue fut ajouté en 1890.


Maison Brunet ou Maison aux 365 fenêtres
Place Rouville, 69001 Lyon
Ne se visite pas.

Cette immense maison qui surplombe la place Rouville, porte le nom de Monsieur Brunet, un savoyard qui la fit construire vers 1810. Son originalité tient à sa composition, le propriétaire souhaitait la construire en fonction des chiffres du calendrier. Cela donne ainsi : 365 fenêtres pour chaque jour de l'année, 52 appartements pour chaque semaine de l'année, 7 niveaux pour chaque jour de la semaine, et quatre entrées pour les quatre saisons. Cet atelier de soierie est rentré dans l'histoire lors de la première insurrection des canuts en 1831, l'immeuble est alors transformé en forteresse par les canuts qui s'y retranchent Elle est ainsi surnommée la "Citadelle du Peuple".


Amphithéâtre des Trois Gaules
Rue Lucien Sportisse, 69001 Lyon

Au moment de la construction de cet amphithéâtre, en 19 après J.-C., un oppidum gaulois nommé Condate existait à proximité mais on était bien loin de Lugdunum, la cité romaine de Fourvière. Sous le règne d'Adrien, au siècle suivant, l'amphithéâtre est agrandi pouvant ainsi accueillir près de 20 000 personnes pour assister aux spectacles et jeux du cirque. Tous les ans, les 60 nations gauloises s'y réunissaient pour renouveler leur serment d'allégeance à Rome. Saint Pothin, premier évêque de Lyon et pionnier dans la diffusion des idées chrétiennes à cette époque, périt en martyr dans cet amphithéâtre avec 47 autres personnes. Les quelques vestiges qui subsistent encore aujourd'hui (murs de soutènement) sont intégrés au Jardin des Plantes.


Montée de la Grande Côte
69001 Lyon

La montée de la Grande Côte est l'une des premières zones peuplées de la Croix-Rousse, dès le XVIe siècle. Quelques façades de la rue présentent des fenêtres à meneaux, typiques de cette période. A part quelques communautés religieuses qui investissent la colline, le reste du quartier sera essentiellement urbanisé à partir du XVIIIe siècle. A la fin de ce siècle, le quartier compte déjà plus de 700 métiers à tisser et la montée de la Grande Côte, appelée à l'époque Grand'Côte, est alors un axe de passage incontournable pour les ouvriers de la soie en route vers le quartier des négociants (les Capucins). En haut de la montée, on jouit d'un beau panorama sur la ville depuis l'esplanade et les jardins aménagés à la fin du XXe siècle. Aujourd'hui la rue est piétonne pour le plus grand plaisir des visiteurs qui peuvent ainsi flâner le long des boutiques d'artisanat d'art et de création ou faire une pause dans les nombreux cafés et restaurants qui ouvrent sur la rue. Attention : on tombe facilement sous le charme de la rue et du quartier.


Eglise Saint Polycarpe
25 Rue René Leynaud, 69001 Lyon
Tél : 04 78 39 01 06.
Visites les mardis, mercredis et vendredis matins.

L'église Saint Polycarpe (XVIIe siècle) est surprenante, elle est la fois creusée dans la colline et enserrée par les habitations. De l'extérieur on ne remarque que sa monumentale façade (XVIIIe siècle) surmontée d'un fronton triangulaire. Au début du XIXe siècle l'église fut agrandie, le transept, la coupole et le chœur datent de cette époque. Le joyau de l'église réside dans son orgue, exécuté par le Lyonnais Augustin Zeiger en 1841.


La Cour des Voraces
9 Place Colbert, 69004 Lyon

On accède à la cour des Voraces par l'immeuble du n°9 place Colbert, construit en 1840. Au rez-de-chaussée prenait place un atelier de canuts regroupés en mutuelle, surnommés les Voraces.

Il semble que ce soit depuis cette cour que s'est organisée la révolte des canuts de 1848-1849, la plus importante des révoltes au XIXe siècle. Une plaque commémorative indique que « Dans la cour des Voraces, ruche du travail de la soie, les canuts luttaient pour leurs conditions de vie et leur dignité ». À elle seule cette cour symbolise l'histoire du quartier, de ses métiers et de ses habitants.

C'est sans aucun doute la traboule la plus connue du quartier et la plus belle avec sa cour et son escalier monumental. Cette traboule débouche sur la montée Saint-Sébastien au n°14 bis ou bien sur la rue Imbert-Colomès au n°29.

On trouve également une deuxième traboule à proximité immédiate au n°20 de la rue Imbert-Colomès qui ressort au n°55 rue des Tables Claudiennes. Cette traboule se situe dans la continuité de la précédente. En empruntant l'escalier de pierre on débouche sur une petite cour avant de rejoindre la rue des Tables Claudiennes.


Le Gros Caillou
180 Boulevard de la Croix-Rousse, 69001 Lyon

Ce rocher fut extrait lors du chantier du funiculaire. Selon les scientifiques, ce caillou proviendrait des Alpes, transporté jusqu'à Lyon par les glaciers (bloc erratique). Selon la légende locale, il représenterait le cœur - de pierre - d'un huissier puni pour avoir chassé une famille de canuts. C'est un repère immuable pour les Lyonnais qui s'y donnent souvent rendez-vous. Il a même inspiré la littérature de jeunesse. Depuis ce symbole du quartier on jouit d'une magnifique vue sur les environs de Lyon et par temps clair jusqu'aux Alpes et le mont Blanc.
 

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