Domaine de Marie Antoinette

Le domaine de Marie-Antoinette, situé à proximité du Grand Trianon et de ses jardins, est composé du Petit Trianon et du hameau de la reine. Ce domaine qui s'étend sur plusieurs hectares fut offert par Louis XVI à son épouse en 1774. Se sentant peu concerné par les protocoles et les fastes du château, elle préférait une vie plus champêtre, plus proche de la nature, à l’écart des agitations de la cour. Elle s'affranchissait ici de l'étiquette qui était en vigueur au château. Elle est sans aucun doute la reine qui a eu le plus d'influence auprès de son mari, au point de marquer Versailles de son empreinte comme aucune autre reine ne l'avait fait avant elle. Ici, elle est la patronne, nul ne peut y pénétrer sans son invitation.



Le Jardin Français

Créé en 1749 par Gabriel, le jardin la française que l'on peut admirer aujourd'hui fut réaménagé en 1774. L'architecture de l'ensemble s'organise autour du pavillon situé au centre d’une croix donnant à chaque extrémité sur quatre bassins circulaires. Ces bassins sont ornés de groupes d'enfants en plomb jouant avec des poissons et des oiseaux, œuvre de Rousseau.

Au cœur du jardin français, le Pavillon Français, créé par Gabriel en 1750, est composé d’un salon circulaire et de quatre pièces qui l'entourent. Également construit par Gabriel au sein du jardin français du Petit Trianon, le Pavillon frais fait face au Pavillon français et servait de salle à manger d'été. On sert à table les produits du potager et de la laiterie de la reine. Deux petits bassins ovales à l'extrémité des parterres de fleurs complètent le décor.


Le Petit Trianon (1768)

Le Petit Trianon est considéré comme le château de la Reine. Attention : certaines salles ne se visitent que dans le cadre des visites guidées.
La création du Petit Trianon fut souhaitée par Madame de Pompadour, favorite de Louis XV. Gabriel s'exécuta dans les années 1760 et réalisa un château dans un style antiquisant, orné de colonnes corinthiennes, inspirées des temples antiques. La réalisation du Petit Trianon marque l'apogée de la carrière de Gabriel. Achevé en 1769, c’est la Comtesse Dubarry (qui avait entre temps succédé à Madame de Pompadour dans le même rôle) qui inaugura le Petit Trianon. Mais c'est surtout Marie-Antoinette qui profita le plus de l'édifice, souhaitant se détacher des contraintes de la vie au château et s'éloigner de la cour, elle créa un univers personnel et intime. Elle fait élever un théâtre de société, puis fait aménager un jardin à l'anglaise.

Par son style simple et élégant, par sa décoration intérieure raffiné, le petit Trianon est considéré comme un chef-d'œuvre de l'architecture néoclassique. Sur la façade côté jardin français, on remarquera en particulier les décors de boiseries d'une élégance exceptionnelle. Le rez-de-chaussée est dédié aux services, le premier étage abrite les salons de réception et les appartements de la reine. Après l’entresol, au dernier étage, se trouvent les appartements du roi.


Le rez-de-chaussée

Se présente d'abord la salle des gardes puis le vestibule, entrée majestueuse, réalisée comme une véritable cour intérieure et son magnifique escalier. La visite se poursuit par la salle du billard de Louis XV. Toujours au rez-de-chaussée, la salle du réchauffoir permettait de maintenir au chaud les plats en provenance des cuisines (éloignées de la résidence) avant qu'ils ne soient servis à la table des convives à l’étage supérieur. La salle présente une magnifique architecture de pierre, notamment la voute plate du plafond et une très belle cheminée.


Le premier étage

On accède à l'étage par le grand escalier. Composé de sept pièces, quatre étaient destinées aux réceptions. Toute la décoration de l'étage, des tableaux aux boiseries, évoque la nature si chère à Marie-Antoinette.

Les appartements de la Reine

Le salon de compagnie, pièce principale, servait de salle de jeux et de musique.

Dans le cabinet des Glaces mouvantes Marie-Antoinette fit installer un savant système de miroirs mobiles réalisé par son architecte Mique, permettant d'obtenir un boudoir à double jeu de miroirs.


Le Théâtre de la Reine

Marie-Antoinette a fait ériger le théâtre par son architecte Richard Mique. Contrairement à l'opéra de Versailles où se déroule les grands opéras des compagnies de théâtre, ici les pièces ou les opéras sont montés et joués par la reine elle-même, qui, dit-on, était très bonne. L'extérieur, sobre voire austère, contraste avec la délicatesse de la décoration intérieure représentant des scènes de pièces de théâtre jouées par la reine. Au plafond est représenté Apollon au milieu des Grâces et des Muses. Le trésor de ce théâtre réside dans sa remarquable et complexe machinerie activée pour les changements de décor.


Le Rocher, la Montagne de l’Escargot et la Grotte

Autour du Petit Trianon, les paysages et la végétation recréés, rappellent la Suisse. La réalisation du rocher artificiel situé à côté du belvédère fut un défi technique qui nécessita quatre années de travaux, de 1778 à 1782. À côté du belvédère se dresse également "la montagne de l'escargot", colline artificielle aboutissant à une terrasse. A sa base, une petite allée mène jusqu'à la grotte. L'entrée, peu repérable, permet de ménager l'effet de surprise. Refuge bucolique et romantique, la reine peut apercevoir les arrivants par une ouverture dans la roche. Un étroit escalier intérieur lui permet d’échapper aux importuns.


Le Belvédère (1777)

Ce kiosque à musique octogonal prend place en surplomb du lac. Son ornementation demeure dominé par les représentations de la nature, on y retrouve les thèmes des quatre saisons, des plaisirs de la chasse, du jardinage et des représentations de fruits. A l'intérieur on remarquera les fines arabesques finement sculptées.


Le Jardin Anglais

Avant que Marie-Antoinette ne fasse réaliser un jardin anglais, l'emplacement était occupé par le jardin botanique de Louis XV. Contrairement aux jardins français dans lesquels la nature est maîtrisée dans un ordonnancement très géométrique, les jardins anglais sont plus pittoresques, ils présentent une succession de tableaux de paysages naturels recréés, donnant à l'ensemble un côté champêtre recherché par la reine.


Le Temple de l’Amour (1778)

Le temple de l'amour est de style néoclassique. Tout de marbre vêtu, il dévoile une somptueuse série de sculptures réalisées par Deschamps. Il abrite en particulier l'exceptionnelle sculpture de "l'Amour taillant son arc dans la massue d'Hercule", copie de l'originale réalisée par Bouchardon et qui se trouve au Louvre.


Le Hameau (1783)

Marie-Antoinette souhaitait se rapprocher d’un mode de vie plus champêtre et rustique. C'est pour cette raison qu'elle fit construire ce hameau où elle retrouve tout le charme de la vie paysanne. Organisé autour d'un étang (le Grand Lac), Richard Mique imagine un petit village pittoresque composé d'une douzaine de maisons, d'une ferme et d’un moulin. Autour de ces masures s'organise une véritable exploitation agricole dirigée par un fermier : champs, potagers, vergers et élevages alimentent la table de la cour par ses productions. La maison de la reine prend place au centre du hameau.


La maison de la Reine


Composé de deux bâtiments reliés par une galerie ornée de fleurs, la maison de la reine est le bâtiment principal du hameau. L'aile de droite est occupée par les appartements de la reine  (salle à manger, salon de jeux et à l'étage, deux autres salons et un cabinet chinois). Dans l'aile de gauche se trouvent la salle de billard et un appartement composé de cinq pièces à l'étage. La décoration se veut élégante et raffinée tout en restant simple loin du luxe ostentatoire du château.

< Accueil Versailles - Palais et Parc

Actualité de Versailles