L'Abbaye

L'abbaye du mont Saint-Michel est un chef-d'œuvre architectural et artistique unique offrant aujourd'hui aux visiteurs à l'approche du mont, une sensation de légèreté exceptionnelle, comme si ce rocher et son abbaye flottaient en suspension sur la baie. Le choix de l'emplacement de l'abbaye au VIIIe siècle fut sans doute dicté par son côté sauvage, propice à l'élévation spirituelle. De celle-ci naîtra le génie artistique et architectural des moines bâtisseurs qui pendant plus de 1000 ans n'auront de cesse de compléter l'œuvre de leurs prédécesseurs.

Présentation

Abbaye du Mont Saint Michel
50170 Le Mont Saint Michel
- Tél : 02 33 89 80 00.
Tarif plein/ réduit : 9 €/ 7 €. Gratuit – 26 ans de l’UE ou – 18 pour les ressortissants hors UE.
Visite avec audioguide en 6 langues (tarif en supplément du droit d’entrée) : Tarif plein/ réduit en sus : + 4,50 €/ + 3 €.
Ouverte tous les jours : de mai à août : 9h-19h. De septembre à avril : 9h30-18h.


Les visites
Visite libre avec document de visite en 11 langues.
Visite commentée (1h15) en français et anglais toute l’année, allemand, espagnol et italien (en juillet et août).
Visite conférence (2h), le week-end et pendant les vacances scolaires. Tarif plein/ réduit : 13 €/ 9 €. Gratuit – 18 ans.
Visite en famille (avec guide, 2h). Tarif plein/ réduit : 13 €/ 9 €. Gratuit – 18 ans.

Histoire

L'histoire du mont débute en 709 lorsque Aubert, évêque d'Avranches, aurait entendu Saint-Michel lui ordonner de construire une église en son nom. Le Mont consacré à Saint-Michel, fut, avec le Mont Gargan en Italie du Sud, un des premiers lieux du culte dédié à l'Archange Saint-Michel. L'abbaye offre un panorama complet de l'architecture médiévale du XIe au XVIe siècle. 
Le choix du site, à l'écart de la "civilisation", est idéal pour se consacrer à la méditation. L'évêque fait élever un premier sanctuaire en l'honneur de l'Archange et une petite communauté de chanoines s'y installe.

À la fin du Xe siècle, une douzaine de moines bénédictins s'installe à son tour sur le mont à la demande du duc de Normandie, Richard 1er. Les constructions du nouveau monastère débutent. Ils érigent une abbatiale, un réfectoire, un dortoir, un cloître, une salle de travail et une aumônerie pour accueillir les pauvres. Très vite, l'abbaye devient un lieu de pèlerinage majeur de l'Occident chrétien et un carrefour politique et intellectuel de tout premier ordre qui produit un grand nombre de manuscrits.

Beaucoup de personnes célèbres sont venues au Mont-Saint-Michel, notamment les rois de France Philippe Ier, Louis IX, Philippe Le Bel, Louis XI, François 1er.

En 1204 le mont est incendié par des Bretons. La façade nord de l'abbaye est détruite. Le roi Philippe Auguste décide alors de financer la reconstruction, et même l'extension de l'abbaye. C'est grâce à lui que fut construit le magnifique ensemble de la Merveille, véritable chef-d'œuvre architectural et artistique de style gothique. Six salles, réparties sur trois niveaux et deux corps de bâtiments, sont ainsi créés : le cloître, le scriptorium, le réfectoire, le cellier, la salle des hôtes et l'aumônerie.

L'architecture et les plans de l'abbaye sont uniques. L'élévation des bâtiments tient compte de la forme pyramidale du mont, ils sont comme enroulés autour du rocher granitique.  L'église abbatiale, située au sommet, repose sur deux cryptes qui créent une plate-forme capable de supporter le poids d'une église de 80 m de long. À l'extérieur, le bâtiment est soutenu par de puissants contreforts. Les structures sont de plus en plus légères au fur et à mesure que l'on progresse vers le sommet. La réalisation de la Merveille exprime au plus haut point la maîtrise technique et le savoir-faire des bâtisseurs de cette époque. En 1424, le chœur roman s'écroule, il est remplacé en 1490 par un nouveau chœur gothique flamboyant.

Au cours de la guerre de Cent Ans (1337 - 1453), le Mont est attaqué en 1434 par 20 000 Anglais. Son système défensif, achevé quelques décennies auparavant, remplit son rôle. Défendu par 400 combattants, le Mont-Saint-Michel résiste jusqu’à ce que les Anglais lèvent le siège. Depuis ce jour, le Mont-Saint-Michel est considéré comme imprenable et devient le symbole de la résistance française face aux Anglais dans tout le royaume de France.

Pendant la Révolution française, les moines quittent l'abbaye, le Mont-Saint-Michel devient alors une prison jusqu'en 1864. Ce qui le sauva peut être de la destruction. À partir de la fin du XIXe siècle, le Mont sera essentiellement dédié à deux activités : l'élévation spirituelle pour les uns et le tourisme pour les autres.
En 1866 l'église paroissiale, placée sous le patronage de Saint-Pierre, devient le sanctuaire officiel du pèlerinage à Saint-Michel. Elle l'est toujours aujourd'hui.

À partir de 1966, pour les fêtes du millénaire monastique, une communauté de bénédictins se réinstalle dans l'abbaye pour quelques mois. Trois ans plus tard une nouvelle communauté, cette fois-ci permanente, de frères et de sœurs faire renaître la vie monastique au Mont-Saint-Michel. Depuis 2001 les frères et sœurs des Fraternités Monastiques de Jérusalem occupent les lieux.

Visite

Une fois passé la billetterie qui prend place dans l'ancienne aumônerie, la visite commence par la salle des Gardes puis, une fois  l'escalier monumental du Grand Degré monté, le visiteur arrive à la terrasse du « Saut Gautier » (du nom d’un détenu qui se serait jeté dans le vide depuis cet emplacement). À droite se dresse l'église et à gauche la résidence des abbés, construite entre le XIVe et le XVIe siècle.

Derrière, la terrasse de l'Ouest, qui fait office de parvis de l'église, offre une magnifique vue sur la baie, de la Bretagne aux falaises normandes. En levant les yeux on peut admirer la flèche du clocher de style néogothique érigée en 1897 et surmontée d'une statue de Saint-Michel en cuivre doré qui culmine à 157 m. Il est représenté terrassant un démon.


L'église abbatiale prend place au sommet du mont, à 80 m au-dessus de la mer. Une partie de l'église est de style roman (la nef et le transept) tandis que le chœur est de style gothique flamboyant (XVe et XVIe siècle). Le contraste est saisissant entre la nef, sobre et peu éclairée et le chœur, raffiné et lumineux. Il fut reconstruit  après l'effondrement du chœur roman en 1421.
On pénètre ensuite dans la « Merveille » située sur le côté nord du rocher. Cet ensemble gothique est construit de 1204 à 1228. Il est composé de six salles, réparties dans deux corps de bâtiment sur deux niveaux. On voit d’ailleurs l’évolution stylistique entre le début des travaux, plutôt sobres (premiers niveaux) et la fin, révélé par l’élégance et le raffinement du cloître (dernier niveau).


Le cloître

Situé au dernier étage de la Merveille, les moines venaient s'y promener mais surtout méditer. Cette galerie permettait la circulation entre différents bâtiments. Lors des fêtes religieuses, des processions s’y déroulaient. Véritable chef-d'œuvre technique et artistique, il fut achevé en 1228. Les colonnettes, disposées en quinconce, permettent de soutenir le poids de la voûte lambrissée. Les galeries sont décorées de sculptures d’une grande finesse d’exécution (souvent des entrelacs de feuillages et de fleurs).


Le réfectoire

Comme son nom l'indique, c'est dans cette pièce rectangulaire que les moines prenaient leur repas. Comme le veut la doctrine de Saint-Benoît, les repas se faisaient dans un silence absolu. Seule la voix de celui qui lisait les Évangiles raisonnait dans le réfectoire (l’acoustique est d’ailleurs surprenante). La salle est astucieusement éclairée par de fines lancettes, invisibles lorsqu’on pénètre dans la pièce.


La salle des hôtes

Située sous le réfectoire, c'est ici qu'étaient reçus les invités de prestige, seigneurs et rois. La pièce était somptueusement meublée et décorée (peintures, tapisseries, carrelage rouge avec fleurs de lys dorées). Deux grandes cheminées rappellent l'emplacement de la cuisine qui était séparée de la salle par une tapisserie suspendue aux poutres, sous les voûtes gothiques.
On quitte la Merveille par la chapelle Sainte Madeleine.


Les cryptes

La crypte des Gros Piliers (XVe siècle) et la crypte Saint Martin (XIe siècle) soutiennent l’ensemble de l’édifice. La première est particulièrement impressionnante avec ses dix piliers énormes.
Depuis la crypte Saint-Martin on accède par un petit passage à la roue installée vers 1820. Ce modèle de roue était utilisé au Moyen Âge sur les chantiers de construction, ici elle servait à monter la nourriture des détenus lorsque l'abbaye était devenue une prison. Ce sont ces derniers qui la faisaient fonctionner en marchant à plusieurs à l’intérieur. On traverse ensuite la chapelle Saint-Étienne, dédiée aux défunts. On emprunte l’escalier nord-sud avant d’arriver au promenoir des moines, puis on pénètre à nouveau dans les bâtiments de la Merveille.


La salle des Chevaliers

Située sous le cloître, elle le soutient. Avant de prendre le nom de salle des Chevaliers, il s'agissait du scriptorium, la salle de travail dans laquelle les moines travaillaient et copiaient de précieux manuscrits aujourd’hui conservés à Avranches.


L'aumônerie : accueil et boutique.

La visite se termine par où elle avait commencé : l’aumônerie, située sous la salle des Hôtes. Les moines accueillaient les pèlerins et les pauvres dans cette grande pièce pour les nourrir.

< Accueil Mont Saint Michel et sa baie