Quartier de la Cathédrale

Dans le périmètre restreint de la Grande Ile on retrouve trace de vestiges romains, d’églises médiévales, de bâtiments et monuments de l'époque Renaissance, d’hôtels particuliers du XVIIIe siècle... témoins de l’histoire de la ville au fil des siècles. On ne peut donc pas parler d’unité architecturale mais d’une cohérence du tissu urbain, fortement influencée par l’organisation médiévale des rues et des places. Le joyau de la Grande Île demeure sa cathédrale Notre-Dame dont la flèche, l’horloge astronomique et sa statuaire témoignent de l'exceptionnelle qualité artistique et technique de leur construction gothique.

Cathédrale

Cathédrale Notre-Dame
Place de la Cathédrale, 67000 Strasbourg
Site internet
Ouverte tous les jours: 7h-11h15/ 12h40-19h. Dimanche : 7h-19h.
Accessible aux personnes à mobilité réduite côté nord.

Plusieurs édifices se sont succédés sur l'emplacement de l’actuelle cathédrale Notre-Dame. Il ne reste que peu de témoignages des édifices antérieurs si ce n'est la crypte de la cathédrale romane datant du XIe siècle. Au siècle suivant (1176) débutent les travaux de construction de la cathédrale actuelle. Elle ne sera achevée que près de trois siècles plus tard (1439). Considérée comme un chef-d'œuvre majeur de l'art gothique, elle se distingue par sa façade monumentale composée d'une statuaire exceptionnellement riche, par sa flèche qui fit de la cathédrale la plus haute d’Europe jusqu'au XIXe siècle, par son horloge astronomique véritable pièce d'orfèvrerie d’une grande technique, et par son pilier des Anges (ou du Jugement dernier) qui exprime au plus haut point l'alliance de l'architecture et de l'art.

La Cathédrale de Strasbourg réunit tous les styles : du moyen âge, de l’art roman et du style gothique dans ses nuances les plus variées. A elle seule la cathédrale représente une véritable encyclopédie de l’architecture médiévale. Goethe la considère comme la cathédrale gothique par excellence.
Mais la cathédrale recèle bien d'autres merveilles à découvrir, véritable livre d'images qui se feuillette au fil de la visite, ses sculptures et ses vitraux racontent la Bible, l’histoire l’Eglise et celle du Moyen Âge.


Extérieur

La façade principale (1277-1340)

Les trois grands portails sont dédiés au Christ. Ils évoquent, de gauche à droite, son enfance, la Passion, et le Jugement Dernier. Comment ne pas être saisi par cette profusion de représentations bibliques à l'expressivité si intense amplifiée par le relief des statues jouant avec les ombres et la lumière donnant vie et grâce à cette dentelle de pierre. Au soleil couchant la lumière rougeoyante du grès donne à cette immense bande dessinée une dimension merveilleuse. Spectacle saisissant !

Le portail central
Au centre, sur le trumeau est représentée une Vierge à l'Enfant, cette sculpture rappelle ainsi que la cathédrale est dédiée à Marie. On la retrouve au-dessus du tympan, au dessus du Christ sur son trône, entouré de lions musicien, figurant l'Ascension. Le tympan évoque la passion du Christ. De chaque côté sont représentés les patriarches, les prophètes, les apôtres et les évangélistes ainsi que des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Au centre du tympan, Jésus-Christ est représenté sur la croix, à sa droite se tient l'Eglise et à sa gauche la Synagogue.

Le portail de gauche présente sur les côtés les statues des Vertus terrassant les Vices de leurs lances. On remarquera la délicate réalisation des premières. Le tympan aborde le thème de l'enfance du Christ.

La statuaire du portail de droite représente des Vierges Sages, éclairées par le Christ, et des Vierges Folles, prêtes à succomber à la Tentation. Le tympan relate la Résurrection et le Jugement Dernier.
Les trois portails sont terminés par des frontons triangulaires au dessus desquels se tient la rosace.

La grande rosace ou rose (1340), 14 m de diamètre est finement réalisée. Elle est composée d'épis de blé, symboles de la puissance commerciale de la ville. A sa périphérie, 16 petites rosaces symbolisent les prophètes. Au-dessous, sur les piliers, les quatre statues représentent de gauche à droite : Clovis, Dagobert, Rodolphe d'Habsburg et Louis XIV. Cette dernière fut ajoutée en 1828, tandis que les trois premières sont d'origine  (1291).
Au-dessus de la rosace les 12 apôtres sont figurés, dominés par le Christ glorieux entouré d’anges.

La flèche de la tour Nord
Terminée en 1439, la flèche culmine à 142 m. Outre sa hauteur et la légèreté qu'elle dégage, elle demeure singulière pour une cathédrale française, elle parachève la construction de la cathédrale, comme une signature personnelle et unique. En effet, la réalisation de flèches sur les tours est une spécialité de l'architecture germanique que l'on ne retrouve que très peu en France. Elle demeura jusqu'au XIXe siècle la plus haute flèche d'Europe.


La façade nord
Portail Saint Laurent
Réalisé dans le style gothique flamboyant (XVe siècle), on remarquera la finesse des détails des sculptures. Sur le tympan qui surplombe le portail, le martyre de Saint-Laurent est évoqué. On le voit étendu sur le grill entouré de ses bourreaux. Sur la gauche du portail, la Vierge présente le Christ aux Rois mages.


La façade sud (en travaux jusqu'à 2017)
Les portes d'entrée datent de l'époque romane tandis que les pourtours sont réalisés dans un style gothique. Les tympans évoquent la mort de la Vierge, l'Assomption et son couronnement. Le pilier central représente le roi Salomon assis sur son trône. De chaque côté des portes se tiennent les statues de l'Eglise et de la Synagogue. À gauche l'église soutient la Croix triomphante. À droite, la Synagogue, affaiblie, tenant les Tables de la Loi est frappée d'aveuglement (yeux bandés). Ces deux statues sont considérées comme un chef-d'œuvre de l'art gothique.


L’intérieur

La nef

La nef principale est longue de 118 m, construite au XIIIe siècle en un temps record, elle frappe le visiteur par l'harmonie de ses proportions. La voûte culmine à 31 m, ce qui donne l’impression d’une verticalité moins importante que dans les autres cathédrales gothiques du nord de la France.

Le Chœur (1240)

Sous le chœur se situe la crypte, vestige de la précédente cathédrale (accessible lors de visites guidées uniquement). Les peintures qui ornent le chœur ont été réalisées dans le style byzantin mais datent du XIXe siècle.

Le transept
Dans le bras gauche du transept on remarquera en particulier Jésus représenté au Mont des Oliviers (XVe siècle). En face, les fonts baptismaux sont de style gothique flamboyant. Les vitraux qui les dominent datent quant à eux du XIIIe et XIVe siècle.
Dans le bras droit du transept, à côté de l’horloge astronomique, prend place un autre chef-d'œuvre de la cathédrale : le pilier des Anges ou du Jugement Dernier (XIIIe siècle). Concept novateur pour l'époque, il exprime une grande légèreté. Aux angles de ce pilier octogonal finement ciselé de colonnettes, douze statues, d'un grand raffinement, expriment grâce et volupté. De bas en haut on reconnaît quatre évangélistes surplombant leurs symboles, puis quatre anges musiciens avec leurs trompettes, enfin en haut le Christ est accompagné de trois anges portant les instruments de la Passion.

L’horloge astronomique (1547)
Spectacle payant : tarif plein/ réduit : 2 €/ 1,50 €. Gratuit – 6 ans.
A 12h, projection d'un film sur l'horloge astronomique (sauf dimanche et jours fériés) suivie du défilé des Apôtres à 12h30 tous les jours.
Au-delà de l'aspect artistique qui n'en demeure pas moins un chef-d'œuvre de la Renaissance, l'horloge astronomique fascine les visiteurs par le jeu de ses automates. Tous les jours à 12h30, les différents âges de la vie symbolisés par un enfant, un adolescent, un adulte et un vieillard passent devant la Mort. Au-dessus, les 12 apôtres défilent devant le Christ qui les bénit pendant qu'un coq chante et bat des ailes. Cette réalisation d'une grande technicité a nécessité plusieurs années de travail aux horlogers suisses et une collaboration accrue entre techniciens, mathématicien et artistes. Son mécanisme a été restauré en 1842.

Les vitraux qui surplombent le chœur et le transept datent pour la plupart du XIIe et XIIIe siècle. Ils ont pour thème la Vierge, les rois d’Orient, les monarques… Les vitraux de la nef évoquent la Jérusalem Céleste ou encore les évêques de la cathédrale. Côté sud sont évoquées les vies de la Vierge et du Christ. En face, les portraits des monarques du Saint Empire sont réalisés en suivant la chronologie historique.

Le grand orgue, suspendu sous la nef, a été posé par le célèbre facteur André Silbermann (1713-1716). Le buffet gothique sur lequel elle est placée, en bois polychrome, date du début du XVe siècle. Il s’agit d’un des plus beaux orgues de la région. De chaque côté deux automates s'animaient pendant les offices pour distraire les fidèles.

La chaire hexagonale de style gothique flamboyant, date de 1485. Située à côté de l'orgue, elle est finement sculptée et ornée d'une cinquantaine de statuettes. On peut y voir le Christ entouré de la Vierge, des apôtres ainsi que d'anges portant les instruments de la Passion.

Les tapisseries
Si vous visitez la cathédrale au mois de décembre, vous aurez sans doute la chance d'admirer les tapisseries du XVIIe siècle exposées dans la nef pendant l'avent. Très belles pièces représentant en 14 tapisseries la vie de la Sainte Vierge.


La montée sur la plate forme de la cathédrale
Tarif plein/ réduit : 5 €/ 3,50 €. Entrée gratuite le 1er dimanche de chaque mois.
Ouverte tous les jours : avril à septembre : 9h30-20h. Octobre à mars : 10h-18h
Nocturne les vendredis et samedis en juilet et août.
Si vous hésitez à gravir les 330 marches pour y parvenir, le panorama exceptionnel qui se dévoile au sommet vous fera rapidement oublier cet effort. La vue s'étend des toits de Strasbourg jusqu'aux Vosges et à la Forêt Noire allemande.

Place de la cathédrale et du Château

Maison Kammerzell - Ancienne maison Braun
16 place de la cathédrale, 67000 Strasbourg

Située à côté de l'Office de tourisme, la maison Kammerzell porte le nom de l'épicier qui en était propriétaire au XIXe siècle. Mais sa création date de 1467. A cette époque, les boutiques prenaient place sous les arcades du rez-de-chaussée. Au siècle suivant elle devint la propriété d'un fromager du nom de Martin Braun. Il en conserve le rez-de-chaussée et la surélève sur cinq étages en 1589, lui donnant l'aspect actuel, représentatif de l’architecture civile de la Renaissance.

Le magnifique et riche décor peint ou sculpté de la façade à pans de bois reprend des thématiques bibliques, de l'Antiquité et du Moyen Âge, tantôt sacré (le poteau d’angle sculpté représentant la Foi, l’Espérance et la Charité), tantôt profane (les signes du zodiaque et les cinq sens). Les fenêtres en « cul de bouteille », c’est à dire en verre soufflée, sont en partie d’origine.

À l'intérieur la décoration est l'œuvre de Léo Schnug, réalisée au début du XXe siècle. Il aborde, au travers de fresques allégoriques, des thèmes qui lui sont chers comme l'angoisse, l'alcoolisme, la mort ou la folie. Cet artiste, aussi torturé que talentueux, mourut à l’hôpital psychiatrique de Brumath-Stephansfeld.


Ancienne pharmacie du Cerf

A l’angle de la rue Mercière, construite en 1268 il s’agissait de la plus ancienne pharmacie de France avant sa fermeture en 2000. Elle abrite aujourd’hui la Boutique Culture. On peut y acheter des billets pour les spectacles et animations de la ville. Voir « Office de Tourisme».


Palais Rohan 
2 Place du Château, 67000 Strasbourg

Il accueille aujourd’hui trois musées : Musée des Arts Décoratifs, Musée des Beaux-Arts, Musée Archéologique.

On doit le palais Rohan  au premier architecte du roi Robert de Cotte qui le fit édifier de 1732 à 1742 pour le prince-évêque Armand-Gaston de Rohan-Soubise de Strasbourg. Ce somptueux palais est sans doute l'une des plus belles réalisations de l'architecture du XVIIIe siècle symbolisant le retour en force du catholicisme à Strasbourg après deux siècles d'influence protestante. Son architecture s'inspire de celle des grands hôtels parisiens de style classique réalisés entre cour d’honneur et jardin. On est saisi, dès le portail en arc de triomphe franchit, par la somptueuse entrée constituée de colonnes corinthiennes formant un hémicycle. L'ornementation extérieure, confiée au sculpteur Robert le Lorrain, donne du relief à l'ensemble. Les décors intérieurs ne sont pas en reste. Au rez-de-chaussée les petits appartements sont plus sobres mais au premier étage les grands appartements, en particulier la chambre du roi, le salon d'Assemblée, la salle du Synode (belles vasques de marbre) ou encore la bibliothèque des Cardinaux (portrait de Louis XIV), sont ornés de décors de stuc doré qui représente l'apogée de l’art Rocaille. Le mobilier, les peintures et les tapisseries sont tout à fait remarquables.
Les trois musées actuels (Beaux-Arts, Archéologique, Arts décoratifs) s’y installent entre la fin du XIX et le début du XXe siècle. Voir « Musées ».

Place Gutenberg

Place Gutenberg
D'époque médiévale, la place de Gutenberg (autrefois place Saint-Martin) fut ornée en 1842 de la statue du célèbre imprimeur. Elle en prit également le nom afin de rendre hommage à celui qui, quatre siècles auparavant, avait mis au point l'imprimerie. Les bas-reliefs qui ornent le socle illustrent les bienfaits de l’imprimerie sur les quatre continents. Dès le Moyen Âge, la place est le centre politique et administratif de la ville, elle regroupe alors : la Monnaie, la Chancellerie et l’Hôtel de Ville.


Chambre de Commerce et d'Industrie : La Neubau (1585)
10 Place Gutenberg, 67000 Strasbourg
Il s’agit du plus ancien bâtiment Renaissance de Strasbourg. Ancien siège de l’hôtel de commerce à la fin du XVIIIe siècle, il parut presque naturel qu'une telle institution prenne place dans ces lieux. En effet, les sculptures du haut de la façade (au dessus des colonnes) représentent les différentes corporations professionnelles de la ville, véritable puissance politique au Moyen Age. Les chapiteaux, d’inspiration antique, combinent ordre toscan, ionique et corinthien. Le bâtiment fut grandement endommagé au cours de la Révolution, seule la façade fut sauvegardée. Mais les restaurations successives ont rendu au bâtiment toute sa noblesse et son style Renaissance original.

A proximité

Place du marché Gayot (1769)
67000 Strasbourg
Cette très belle place doit son nom à son créateur François Marie de Gayot. Dans les années qui suivent sa création, la place se borde peu à peu de magnifiques boutiques et de belles maisons à colombages (en particulier sur son côté sud). Héritière de sa première fonction de place de marché, elle est aujourd'hui toujours un lieu vivant et animé pris d'assaut par les jeunes Strasbourgeois dès que les beaux jours arrivent. Nombreux restaurants.


Ancienne Douane (1358)
1 rue de l’Ancienne Douane, 67000 Strasbourg
Voici un exemple de restauration réussie. L'ancienne douane qui datait du XIVe siècle fut largement détruite pendant la deuxième guerre mondiale. Cet entrepôt servait à la vente de produits taxés et au prélèvement de celle-ci. Sa restauration, on peut parler de reconstruction, date des années 1960.

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