Saline Royale d'Arc et Senans

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982, la Saline Royale d’Arc et Senans est le chef d’œuvre de Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), architecte visionnaire du siècle des Lumières. Les travaux de construction débutèrent en 1775 et la mise en production de l'usine, sous le règne de Louis XVI, eu lieu en 1779. Elle fut réalisée sur des plans circulaires afin d'optimiser l'organisation et la hiérarchisation du travail. Innovant pour l'époque, c'est un exemple éminent de structuration de l'espace qui sera développé au cours du XIXe siècle. Si le projet initial de Claude Nicolas Ledoux était de réaliser la cité idéale, elle ne put être achevée. Il n'y a pas de sel à Arc-et-Senans, il était transporté depuis Salins les Bains pour être traité ici.
Aujourd’hui la Saline Royale d’Arc-et-Senans est plus célèbre pour l’architecture de ses bâtiments que pour l’activité industrielle qu’elle abritait.

Infos pratiques

Saline Royale d’Arc-et-Senans
25610 Arc et Senans
Site internet - Tél : 03 81 54 45 45.
Tarifs :
Novembre à mai : tarif plein/ réduit : 8,80€/ 7,50 €/ de 16 à 25 ans : 6 €/ de 6 à 15 ans : 4,50 €. Gratuit – 6 ans.
Juin à octobre : tarif plein/ réduit : 9,80€/ 8,30 €/ de 16 à 25 ans : 6,60 €/ de 6 à 15 ans : 5 €. Gratuit – 6 ans.
Audio-guide en 3 langues, visite guidée : 2,20 €. Livret de visite en 7 langues. Librairie et boutique.
Sur présentation du billet d'entrée de la Grande Saline de Salins-les-Bains, vous bénéficiez d'une réduction à la Saline royale.
Ouverte tous les jours :
De novembre à mars : 10h-12h/ 14h-17h.
Avril, mai, juin et septembre : 9h-18h.
Juillet et août : 9h-19h.
Octobre : 9h-12h/ 14h-18h.

Pour les enfants
Audioguides adaptés, ateliers, livrets-jeux et parcours découverte.

Histoire

Le sel a toujours eu une importance capitale pour l'homme, ce qui lui valut le surnom "d'or blanc". Depuis l'Antiquité il permet la conservation des aliments, en particulier de la viande et du poisson. A partir du Moyen Âge, l’État prélevait sur sa vente une lourde taxe impopulaire, la gabelle, qui alimentait en grande partie les caisses de l'État. L'importance économique du sel était donc fondamentale.

Les salines de Salins les Bains, en activité depuis des centaines d'années, étaient grosses consommatrices de combustible permettant l'évaporation de la saumure et la cristallisation du sel. Mais au XVIIIe siècle, les ressources en bois présentes autour du village s'épuisent.

En 1767, un Commissaire aux Salines de Lorraine et de Franche-Comté est désigné pour évaluer les principales exploitations forestières des environs. Ainsi, c'est Claude Nicolas Ledoux, devenu architecte du roi, qui identifie le potentiel important de la forêt de Chaux, à proximité des villages (alors encore séparés) d'Arc et Senans. Il apparut donc qu'il était plus facile de transporter l'eau chargée en sel que de faire venir d'importantes quantités de bois jusqu'aux salines de Salins les Bains. Il propose ainsi la construction d'une nouvelle usine de production. Son premier projet architectural, trop ambitieux et novateur, est retoqué par Louis XV. Le second projet présenté fut validé par le roi 15 jours avant sa mort. C'est donc sous le règne de son successeur, Louis XVI, que la manufacture royale destinée à la production de sel fut construite. L’exploitation de la saline débuta en 1779, 10 ans avant la Révolution française.

L'architecte laisse libre cours à son imagination, qui aboutit à la réalisation d'un arc de cercle de 370 m de diamètre au sein duquel bâtiments techniques et logements s'organisent savamment. L'esthétique des constructions ne laisse à aucun moment penser qu'il s'agit d'une usine. Dès l'arrivée sur le site on est saisi par le bâtiment des gardes et ses colonnes doriques. Mais c'est sans doute la maison du directeur qui en est la plus belle réalisation.

Il s'agit d'un exemple éminent d'usine intégrée où la répartition des espaces permettait l'optimisation du travail, de la circulation des hommes,  de la saumure et de la production du sel. L’usine devait ressembler à une ville où le travail des hommes, la vie familiale et sociale seraient en parfaite harmonie.

Après la Révolution, la Ferme Générale et la gabelle (impôt sur le sel) sont supprimés. Claude Nicolas Ledoux, trop royaliste, est emprisonné. Il profita de cette période trouble pour continuer les plans de la Cité Idéale qui devait entourer la saline. Visionnaire, il repense la structuration urbaine dans le même esprit que la réalisation que l'on peut contempler aujourd'hui. Mais elle ne vit jamais le jour, la faute à la période post-révolutionnaire qui fit tomber l'architecte génial en disgrâce et ne lui permit pas de faire aboutir son œuvre monumentale. Au-delà de l'héritage qui nous est parvenu, c'est l'esprit et la vision qui animait cet architecte hors pair qui demeure aujourd'hui et qui a conduit l'Unesco à classer ce site, notamment grâce à son génie créateur. Visionnaire, fidèle à l'esprit de la pensée du siècle des Lumières, il fut l'un des précurseurs de la révolution industrielle du milieu du XIXe siècle.

On croyait au fort rendement de cette saline mais l'éloignement des puits et la fragilité du saumoduc, ne permirent pas d’atteindre les objectifs de production fixés. À la fin du XIXe siècle, la concurrence du sel marin acheminé par chemin de fer porte un coup fatal à la production de la saline qui s'arrête en 1895. Au début du XXe siècle, le site est sérieusement endommagé par un incendie et par vandalisme. Les restaurations du site sont entreprises à partir de 1930 mais surtout après la Deuxième Guerre Mondiale.

Claude Nicolas Ledoux
Claude Nicolas Ledoux (1736 - 1806.). Né d'une famille modeste, sa carrière d'architecte débute en tant qu'ingénieur des Eaux et Forêts en 1764. Il est par la suite nommé inspecteur des salines de Lorraine et de Franche-Comté puis architecte de la Ferme Générale et architecte du roi. C'est alors qu'il entreprend la construction de la Saline royale d'Arc-et-Senans. Il fut l'un des principaux créateurs du style néoclassique. Suite à la Révolution, en 1793, il est emprisonné pendant 18 mois pour aristocratie. Son image est dès lors associée à la royauté ce qui met un terme à sa carrière d'architecte. Il profite des dernières années de sa vie pour rédiger "l'Architecture considérée sous le rapport de l'art, des mœurs et de la législation" qui sera publiée deux ans avant sa mort.

Le lieu aujourd’hui
Dans le prolongement des questionnements et des réflexions du siècle des Lumières, le nouveau projet culturel de la Saline Royale « Cité des utopies » propose une lecture contemporaine de cet héritage et un dialogue entre arts et sciences, philosophie, mémoire industrielle et nature pour la création de nouveaux territoires de l’utopie au XXIe siècle, dans une recherche d’humanité et de « mieux vivre ensemble ».

Les bâtiments et le saumoduc

La Saline Royale fonctionnait comme une usine intégrée où vivait presque toute la communauté du travail. Construite en forme d'arc de cercle, elle abritait lieux d’habitation et de production, soit 11 bâtiments en tout : la maison du directeur, les écuries, les bâtiments des sels, les commis, les berniers, la tonnellerie, le bâtiment des gardes et la maréchalerie.


Le saumoduc
Le saumoduc est la canalisation longue de 21 km qui reliait Salins les Bains et Arc et Senans, de la saline d'extraction de la saumure à l'usine de transformation. La canalisation suivait la déclivité du terrain. Elle était enterrée afin de la rendre moins vulnérable aux aléas climatiques et aux pillards. Dans un premier temps la canalisation est construite dans des troncs de sapins creusés mais les fuites le long du tracé incitent rapidement les ingénieurs à les remplacer par de la fonte, plus résistante.
Le long de son parcours, des postes de garde furent construits afin de sécuriser l'ouvrage. À chacun de ces postes, la teneur en sel de la saumure était mesurée. Les personnes en charge de cette surveillance étaient appelées les gabelous. Il s'agissait de douaniers responsables du commerce du sel et de la gabelle.
Aujourd'hui ce parcours a été aménagé en sentier "le chemin des gabelous" (voir "Activités").


Le bâtiment des gardes
Le bâtiment des gardes est situé à l'entrée de la saline. Si ce magnifique bâtiment, sublimé par ses colonnes doriques, est aussi imposant, c'est que la protection de la saline et de son "or blanc" était primordiale contre d'éventuels voleurs. Il servait d'habitation aux gardiens, aux concierges et aux aumôniers. À l'intérieur prenaient place une prison, des réserves d'eau, du bois et toutes les installations nécessaires à la vie quotidienne de ses habitants.


La maison du directeur
La maison du directeur se trouve au centre de la saline, ce somptueux édifice de style néoclassique aux colonnes antiquisantes est le plus haut et le plus somptueux de tous, reflétant ainsi la puissance et la fonction du directeur. Le fronton triangulaire de la façade est percé d'un rond central, symbolisant le centre de la saline, d'où l'on pouvait surveiller les allées et venues.

Au sous-sol étaient entreposées les réserves de nourriture, de vin et de bois. Au 1er étage se trouvaient les appartements du "Fermier général", la salle des assemblées d'administration ainsi qu'une banque et une chapelle. Le 2e étage était réservé aux domestiques.

Aujourd’hui le rez-de-chaussée accueille une exposition permanente sur l’histoire de sel, au 1er étage prend place une exposition temporaire.

Exposition de la Maison du Directeur
L'exposition permanente qui se tient au rez-de-chaussée de la maison du directeur présente, au gré de six salles, tous les aspects du sel, de sa production à sa consommation à travers les siècles et les continents. Chacune des salles aborde un thème différent autour du précieux condiment. Ces différentes thématiques se déclinent de la façon suivante :
Salle 1 : les origines du sel,
Salle 2 : la production du sel par l'homme,
Salle 3 : l'histoire de la saline d'Arc-et-Senans,
Salle 4 : les routes et commerces du sel,
Salle 5 : le rôle du sel dans l'Histoire,
Salle 6 : les usages du sel et ses symboles passés et présents.


Le bâtiment de graduation et le bassin
Le bâtiment de la graduation (détruit en 1920) qui était situé dans l’actuelle rue des graduations était constitué d'un canal de près de 500 m de long pour 7 m de hauteur et du logement du charpentier qui était chargé de son entretien.

C'est ici qu'arrivait la saumure en provenance de Salins les Bains. Ouvrage essentiel, sa fonction était de séparer le sel de l'eau par évaporation grâce à une ventilation naturelle du bâtiment. Lorsque la concentration en sel de la saumure était suffisamment importante (24 degrés), cette dernière était versée dans un immense bassin où elle était stockée.


Les bâtiments des berniers,  des commis et de la gabelle
Chaque bâtiment avait une fonction précise. Ils étaient organisés autour d'une structuration de l'espace bien définie. L’intérieur des bâtiments des berniers étaient identiques, chacun était composé d'une douzaine de chambres de quatre lits, disposées de part et d’autre des lieux communs qui comprenaient : une cheminée au centre, une cuisine et une salle de repas. A l’arrière étaient aménagés des jardins, des cours et les latrines. Ils hébergeaient les ouvriers et artisans, ainsi que leurs familles. Les berniers avaient pour charge l'entretien des chaudières (ou poêles). Ces bâtiments accueillaient également les sauniers, chargés de faire sécher les pains de sel, les tonneliers et les maréchaux-ferrants.

Le bâtiment des commis servait de lieu d'habitation au personnel chargé du fonctionnement et de la surveillance de la saline. Il était composé de deux cuisines et deux chambres pour les contremaîtres et les comptables.

Le bâtiment de la gabelle était destiné à l'administration fiscale. Tout le sel qui devait sortir de la saline par convoi était soumis à un contrôle de façon à éviter la fraude. Il était composé de deux chambres et deux cuisines.


Les bâtiments des bernes
Dans le bâtiment des bernes, était réalisé les cuissons de la saumure. Elle devait durer entre 24 et 72 heures pour produire les pains de sel. Aujourd’hui dans la berne ouest sont organisés des concerts.


Bâtiment des maréchaux
Il abritait trois forges au centre. Sur les côtés prenaient place un magasin de stockage et 8 chambres pour les ouvriers forgerons . C'est aujourd’hui un restaurant.


Bâtiment de la tonnellerie - Musée Claude Nicolas Ledoux
Le bâtiment de la tonnellerie accueillait les ateliers et magasins de bois. A l’étage on trouvait : une cuisine au centre, et quelques chambres dédiées aux ouvriers tonneliers sur les côtés.
Le musée est consacré à l'œuvre globale de Claude Nicolas Ledoux. Il prend place dans le bâtiment de la tonnellerie. Ses réalisations sont reproduites grâce à une soixantaine de maquettes. Qu’il s’agisse de théâtres, d'hôtels particuliers ou de projets plus utopiques, le panel des projets et des réalisations de l'architecte-urbaniste est vaste et met en lumière son génie et sa vision parfois avant-gardiste de l’architecture.

A voir, à faire

Festival des jardins
Le Festival des Jardins se tient de juin à septembre dans les espaces qui entourent les bâtiments. Une quinzaine de jardins, tous aménagés différemment, fascinent les visiteurs par leurs formes et leurs couleurs vives. Ce festival est devenu au fil des années l'un des plus renommés d'Europe. La thématique abordée est renouvelée chaque année.


Survol en montgolfière
Vents du Futur (Montgolfière)
Parc de la Mairie, 25610 Arc et Senans
Site internet - Tél : 06 89 97 75 59.
L'association Vents du futur propose promenades et baptêmes de l'air en montgolfière.


Balade en Calèche
La Belle Huguette
Rue du pin, 25610 Arc et Senans
Site internet - Tél : 06 87 61 66 35.
Balades en calèche dans Arc et Senans ou sur une journée.


Sentiers

Sentier des Gabelous
Site internet
Le sentier des Gabelous, du nom des gardes chargés de surveiller le saumoduc, relie les villages de Salins les Bains et d'Arc et Senans. Long de 29 km, il longe le tracé historique de la canalisation. Documentation disponible à l'Office de tourisme d'Arc et Senans. A faire à pied ou en VTT. 15 panneaux explicatifs ponctuent le sentier.

Sentier des Vieux Fays (pour toute la famille)
Ce sentier aménagé de 1,5 km vous permet de découvrir la forêt d'Arc et Senans. Brochure disponible à l'Office de tourisme d'Arc et Senans.

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